"Car sa plaie est incurable, elle s'étend jusqu'à Juda. Le Seigneur atteint la porte de mon peuple jusqu'à Jérusalem : Michée 1 v 9"
Si
le verset précédent témoigne de la tristesse qui étreint Michée à la vue du
jugement qui va atteindre Samarie, celui-ci nous en donne la raison. La plaie
qui va atteindre le royaume du Nord, dit le prophète, est incurable. Il est
arrivé dans le passé que l’intégrité territoriale de la nation ait été entamée
par diverses invasions d’ennemis. Mais Israël a pu, par la miséricorde de Dieu,
s’en relever ou survivre. La nation n’a pas disparu. Ce ne sera pas le cas ici.
Michée voit se profiler à l’horizon la malédiction annoncée par Moïse dans la
loi, malédiction qui prévoit l’exil et la déportation du peuple hors de ses
frontières : Deutéronome 28,63-64.
Eclairé
par l’Esprit de Dieu, le regard de l’œil visionnaire de Michée ne se limite pas
à Samarie. Le fléau qui va emporter la capitale du Nord va s’étendre, dit
Michée, jusqu’à la porte de Jérusalem, la capitale du royaume de Juda dans
lequel il vit. Ce qui arrive à Samarie est un avertissement solennel pour
Jérusalem. Car si Dieu tient Sa Parole, Ses menaces proférées dans la loi,
contre Samarie, Il les tiendra aussi pour Jérusalem si le peuple qui y subsiste
suit les mêmes voies. A cause du temple qui s’y trouve, les Juifs de Juda
pensent qu’ils sont préservés d’un tel fléau : Jérémie 7,4. Mais la
présence du temple n’est pas un rempart suffisant pour barrer la route au
jugement de Dieu lorsque celui-ci a été décidé : cf Matthieu 24,1 et 2.
La
remarque des habitants de Juda au temps de Jérémie, porteur du même message que
Michée, est instructive. Objet de la grâce de Dieu par l’alliance, le peuple
d’Israël se pensait à l’abri des menaces écrites noir sur blanc dans ses
clauses. L’alliance était pour Israël un gage de sécurité, de pérennité et de
protection, mais non de destruction. Bien que Dieu donne le même poids à toutes
les paroles qu’Il prononce, Israël minimisait celles qui avaient trait aux
menaces et accentuaient celles qui se présentaient sous la forme de promesses.
Ce déséquilibre a été cause, en partie, de leur légèreté. « Oui, Dieu
avait bien dit qu’israël pouvait être déporté et périr s’il persévérait sans la
rébellion et l’idolâtrie. Mais Il ne le ferait pas vraiment. Il cherchait juste
à faire peur à Son peuple pour le préserver du pire ! pensait la majorité
des Israélites. » Ne sommes-nous pas parfois comme eux, courant le
risque de changer la grâce en dissolution : Jude 1,4, nous
permettant de faire n’importe quoi au nom du pardon de Dieu ? Prenons
garde, dit Paul ! Car si eux n’ont pas échappé à la sévérité de Dieu, nous
n’y échapperons pas non plus si nous reproduisons les mêmes erreurs : Romains
11,19 à 22. Apprenons de ce qui se passe à notre porte, sur notre palier,
comme Jérusalem aurait dû aussi l’apprendre, avant que cela n’entre dans notre
maison !
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