vendredi 28 août 2026

Les effets de la venue du Seigneur sur la création

 "Sous lui les montagnes se fondent, les vallées s'entr'ouvrent comme la cire devant le feu, comme l'eau qui dévale une pente : Michée 1 v 4

V 4 : les effets de la venue du Seigneur sur la création

Lorsque le Seigneur est venu dans la personne humaine de Jésus-Christ, Sa présence physique sur terre ne provoqua aucun évènement d’ampleur. Il n’y eut ni tremblement de terre, ni effet physique planétaire. En revêtant l’habit de l’humanité, le Seigneur parut « incognito », ce qui signifie que rien ne se produisit permettant aux habitants du monde de le repérer.

Ici, Michée décrit une tout autre sorte de phénomène. Lorsque le Seigneur paraît dans Sa gloire et Sa puissance, les éléments les plus solides se liquéfient devant Lui. « Il vient notre Dieu, Il ne reste pas en silence. Devant lui est un feu dévorant, autour de lui une violente tempête : Psaume 50,3. » Avant que la colère de Dieu ne déferle, des signes avant-coureurs se manifestent dans la création : tremblement de terre, catastrophes puissantes… Les montagnes fondent, les vallées s’entr’ouvrent, comme ce sera le cas au jour de la venue glorieuse de Jésus-Christ : Zacharie 14,3 à 5. La création la plus solide ne pourra supporter la marche, le contact physique direct avec les pieds du Seigneur, ces pieds qui furent crucifiés par les hommes.

La création de Dieu est le moyen par lequel Dieu nous avertit de Sa venue. Les douleurs qui l’étreignent sont, dit Paul, semblables à celles qui surprennent la femme enceinte sur le point d’accoucher : 1 Thessaloniciens 5,3. Le monde nouveau ne naîtra pas sans douleur. Sachons reconnaître les signes qui nous avertissent de la venue proche du Seigneur.

mardi 25 août 2026

Le Dieu qui fait l'histoire

Car voici que l'Eternel sort de sa demeure, Il descend ; Il marche sur les hauteurs de la terre : Michée 1 v 3

V 3 : le Dieu qui sort

Après le Dieu qui appelle et le Dieu qui parle, Dieu se présente à Michée comme le Dieu qui sort de Son temple. Pour beaucoup de gens, si Dieu existe, Il n’est pas accessible dans ce monde. Il est dans son univers et nous sommes dans le nôtre et il n’y a pas de connexion entre les deux mondes. Ce n’est pas ce que dit ici Michée. Dieu est un Dieu qui, non seulement sort de Sa demeure, mais qui descend et qui foule de Ses pieds la poussière de notre terre.

Les sorties de Dieu dans ce monde ont été multiples et il sera difficile de les recenser toutes. Dès l’origine, la Bible présente en Eden un Dieu qui, le soir, vient visiter nos premiers parents et communier avec eux : Genèse 3,8. Au temps de Babel, il nous est dit que Dieu est descendu du ciel pour voir le travail que faisaient les hommes : Genèse 11,5. C’est suite à cette descente du ciel de Dieu que l’humanité se divisa par la confusion des langages et se répartit sur la face du globe. Plus tard, encore dans la Genèse, nous voyons Dieu descendre du ciel pour constater si la rumeur qu’on Lui a rapporté au sujet de Sodome et Gomorrhe était véritable : Genèse 18,20-21. Suite à sa venue avec deux anges, les deux villes seront détruites par une pluie de feu et de souffre.

De ces exemples, nous pouvons tirer plusieurs leçons :

ð  La 1ère est que Dieu n’est pas distant, étranger ni désintéressé à ce qui se passe ici-bas. La terre, et tout ce qui s’y trouve, appartient à l’Eternel et il est juste et légitime de Sa part de regarder et de considérer ce que ses habitants font d’elle.

ð  La seconde est que les visites de l’Eternel ne sont pas gratuites ou juste des moments au cours desquels Dieu s’informe de ce qui se passe ici-bas. Elles sont suivies d’effets. Le cours de l’histoire de l’humanité n’est pas décidé par les hommes seuls. Il est aussi réglé par les interventions de Dieu qui a le pouvoir de la réorienter dans le sens qu’Il souhaite (le retour d’Israël dans sa terre en est un exemple).

Les exemples que nous avons vus témoignent de la descente de Dieu sur terre en vue de la correction de l’humanité et de Son jugement. Mais la Bible témoigne aussi de la descente de Dieu sur terre en vue de la rédemption. Dieu en personne vient au-devant d’Abraham pour lui annoncer la naissance d’un fils par lequel se réalisera la promesse qu’Il lui avait faite auparavant : Genèse 18,1 ; 12,1 à 3. Ce fils est celui par qui le Messie naitrait. Dieu descend ensuite dans le buisson ardent pour appeler Moïse à être le libérateur d’Israël retenu captif en Egypte : Exode 3,1-2. Il faudrait ajouter à cette première révélation toutes celles qui se produiront au cours des siècles aux juges, aux prophètes et aux rois dans le but de les équiper pour être des sauveurs ou des annonciateurs du Messie à venir. Puis, en Jésus-Christ, Dieu Lui-même descend parmi nous, non pour juger le monde, mais pour le sauver : Jean 3,17. Après Lui, l’Esprit de Dieu descendit pour venir habiter Ses disciples : Actes 2,1 à 4. Pour nous, nous attendons le jour de Sa seconde venue, quand Il viendra dans sa gloire, accompagné des armées célestes, pour établir Son règne définitif : 1 Thessaloniciens 1,10.

Rappelons-nous avec quel Dieu nous travaillons ! Il est le Dieu qui appelle, suscite souverainement Ses serviteurs. Il est le Dieu qui parle et qui nous demande de L’écouter ! Il est le Dieu qui sort et qui agit. Il n’y a rien de plus dramatique pour le peuple de Dieu que le moment où Dieu ne sort plus avec lui : Psaume 44,9.

Réflexion annexe : la discipline que nous appelons histoire a pour but de raconter les péripéties de l’humanité au cours des siècles. Dans cette discipline, les historiens relatent les faits humains et attribuent souvent aux hommes les inflexions de l’histoire. La Bible relate l’histoire d’un autre point de vue. Elle nous dit que, derrière les inflexions historiques qui façonnent l’histoire, il y a la main de Dieu qui agit, l’action d’un Dieu qui sort de son temple. Considérons l’histoire telle que Dieu la raconte dans la Bible. Dès le début, celle-ci est façonnée par Dieu. Son histoire, telle que nous la connaissons aujourd’hui, débute par l’éjection d’Adam et Eve du jardin d’Eden suite à leur désobéissance. Elle se poursuit par le récit du déluge, inflexion majeure puisque 8 personnes seulement en survivent. Puis, avec Babel, l’unité de l’humanité est rompue et nous assistons à la naissance des peuples répartis par idiomes. Puis vient la naissance d’Israël qui aboutit à celle du Messie dans le monde. Le christianisme conquiert l’empire romain, bouleverse les anciens cultes et infléchit la destinée de multiples peuples. Le protestantisme est aussi une inflexion majeure de l’histoire. Il donne naissance aux Etats-Unis et au libéralisme. En notre temps, en 1948, Dieu infléchit l’histoire en vue du retour de Jésus-Christ par la résurrection d’Israël. Le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, nous est difficile à comprendre… pour la simple et bonne raison qu’il nous décrit les actions du Dieu Tout-Puissant qui, dans le monde invisible, produisent leurs effets historiques et cosmiques dans notre monde. Il nous montre que Dieu agit au milieu de Son peuple, parmi les nations, sur le climat, dans les astres et parmi les puissances célestes angéliques. La Bible est le livre d’histoire d’hier, d’aujourd’hui et de demain de Dieu. Oui ! L’acteur majeur des inflexions de l’histoire n’est pas l’homme, mais Dieu, le Dieu qui, selon Michée, sort de Son temple !

dimanche 23 août 2026

Le Dieu qui parle aux nations

 Ecoutez, vous tous, peuples ! Sois attentive, terre, et ce qui est en toi ! Que le Seigneur, l'Eternel, soit témoin contre vous, le Seigneur qui vient de son saint temple ! Michée 1 v 2

A° Les destinataires du message de Michée

Bien que prophète en Israël, Michée adresse le message dont il est porteur de la part de l’Eternel à toute la terre et à tous les peuples. Cette destination rappelle que ce que Dieu vit avec Israël a valeur de leçon pour tous. Car, s’Il a choisi Israël pour se révéler au monde, Dieu n’est pas seulement le Dieu d’Israël. Il est le Dieu de tous les peuples, car c’est de Lui que sont issues toutes les familles de la terre : Ephésiens 3,14-15.

Si Israël est le peuple que Dieu a choisi pour se révéler, la révélation de Dieu ne commence pas avec Israël. Elle débute par Adam, l’homme qu’Il a créé et le père de tous les humains. Elle se poursuit par l’histoire d’une première humanité qui a reçu son jugement au travers de Noé. Elle continue avec le jugement de Babel qui a conduit à la dispersion des hommes en clans et en nations. C’est alors seulement que, pour entreprendre son œuvre de rédemption, Dieu se choisit Abraham au travers duquel il va faire naître Israël.

En appelant Israël à Lui, en le libérant de la puissance de l’Egypte au travers de miracles et de prodiges éclatants, en lui donnant sa loi, le but de Dieu reste le même : manifester aux yeux de tous les peuples, qui en ont perdu la connaissance, qu’Il est le seul et unique Dieu : Deutéronome 4,5 à 9.32 à 34.

Si dans l’Ancien Testament, Dieu peut paraître avant tout comme le Dieu d’Israël, avec la venue de Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde : Jean 1,29, nul ne peut ignorer désormais que c’est le salut de l’humanité entière que Dieu vise. Le but de la rédemption est de redonner au Dieu Créateur la prééminence sur tout et sur tous, conformément à la réalité et aux droits qui relèvent de Sa position unique. Au temps de l’époque pré-messianique déjà, Dieu a témoigné par la manifestation de Sa grâce que les païens n’étaient par hors de portée du champ de Son amour. Dieu a sauvé Naaman le syrien de sa lèpre, Il a envoyé Jonas pour appeler les Ninivites à la repentance. Il a choisi Ruth et Rahab pour les intégrer dans la lignée future du Messie. Puis, au temps venu, Il a ordonné aux disciples de faire de toutes les nations des disciples : Matthieu 28,19, parole qu’Il a confirmée ensuite à Pierre par la vision des animaux impurs qu’il devait manger : Actes 10,9 à 16.

Le début du livre de Michée nous donne, à nous croyants d’origine païenne, une clé de lecture pour toute la Bible. La Bible n’est pas le livre des Hébreux, elle est la Parole que Dieu adresse à tous les peuples. Aussi devons-nous lire ce qui y est écrit comme si Dieu s’adressait directement à nous. Dieu nous invite à nous mettre dans la peau des Israélites du temps de Michée pour comprendre que ce qu’Il a à leur dire nous concerne, parce que nous sommes des hommes de la même nature qu’eux, sujets aux mêmes travers qu’eux. Les récits vétérotestamentaires de la Parole de Dieu sont des exemples pour nous : 1 Corinthiens 10,6, écrits pour notre instruction : v 11.

B° Le Dieu qui parle

Dès le début du message, le langage que Dieu donne à Michée d’employer est celui du Dieu Juge. Le livre de Michée est un livre de procès, le procès que Dieu fait à Son peuple choisi : cf v 5. Si Dieu est le Juge et Israël l’accusé, les témoins sont les nations de la terre. Ce rôle de témoin des nations n’est pas nouveau. Il a déjà été établi par Dieu dans la loi qu’Il a donnée à Moïse au cas où Israël en viendrait à se détourner de Lui : Deutéronome 29,23 à 27. Le peuple de Dieu, dans la bénédiction comme sous la malédiction, reste un peuple qui rend témoignage à Dieu aux yeux de tous les peuples.

« Dans l’Israël de l’Ancien Testament, le prophète est un homme solitaire. C’est un individualiste déterminé à qui Dieu confie une tâche pénible. Dieu l’utilise comme un genre de procureur, qu’il a nommé porte-parole du Juge suprême du ciel et de la terre afin de poursuivre en justice ceux qui ont péché contre la Cour divine : R.C Sproul. »

Le livre de Michée spécifie aussi quand vient, pour le peuple de Dieu, le temps de son jugement. Ce temps est celui où Dieu sort de Sa demeure et vient en personne s’occuper de lui et mettre fin à son idolâtrie. C’est le temps de la fin de Sa longanimité, de Sa patience et de Son support. Ce temps nous rappelle que la longanimité et la patience de Dieu envers nous et envers le monde n’a qu’un seul but : amener le plus grand nombre à la repentance : Romains 2,4 ; 2 Pierre 3,9-10.

C° Ecoutez !

L’appel que lance Michée à la terre et aux peuples qui l’habitent nous dit avec quelle attention nous devons recevoir la parole et le message de Dieu. Michée nous appelle à écouter et à être attentif à la voix de Dieu, au contenu de la Parole qu’Il nous adresse. La Parole de Dieu qui nous est adressée ne nous est pas donnée pour meubler notre connaissance ou enrichir notre savoir. Elle nous est donnée pour que nous la recevions comme le message que Dieu nous adresse, la parole qui sort de sa bouche.

Comme il en est du message de Michée, l’énoncé de la loi donnée par Dieu à Israël au travers de Moïse, début par le même mot : Ecoute : Marc 12,29. L’écoute est la disposition initiale fondamentale qui rend l’obéissance possible. Il est impossible de vivre une obéissance pratique à la loi de Dieu sans écoute. L’écoute consiste à prêter une oreille attentive à ce que Dieu dit. L’écoute est la caractéristique des disciples qui veulent apprendre : Esaïe 50,4 ; Luc 10,39. Une écoute qui n’a pas pour objectif d’appliquer ce qui est entendu est une contradiction en elle-même : Ezéchiel 33,31-32 ; Luc 11,28. Partout, du début à la fin de la Bible, le bonheur du peuple de Dieu ou de ceux qui entendent la Parole de Dieu dépend d’une seule chose : l’écoute. Partout, du début à la fin de la Bible, les malheurs du peuple de Dieu ou de ceux qui entendent la Parole de Dieu ont pour cause une seule chose : le refus d’écouter : Job 36,11-12. Ecouter, c’est obéir. Refuser d’écouter, c’est se rebeller. Mets, ô Dieu, dans mon cœur, une disposition de cœur à l’écoute et au plaisir de faire ta volonté !

samedi 22 août 2026

Cadre historique de l'appel de Michée

La parole de l'Eternel qui fut adressée à Michée, de Morécheth au temps de Yotam, d'Ahaz, d'Eéchias, rois de Juda, vision sur Samarie et Jérusalem : Michée 1 v 1.

Le Dieu de Michée : un Dieu qui appelle

Le ministère de Michée a pour raison d’être la parole que l’Eternel lui a adressée. Le ministère de Michée, comme celui de tous les prophètes, prend sa source dans une initiative divine. C’est Dieu qui choisit ceux qu’Il destine à le servir comme Ses porte-paroles, et c’est aussi Lui qui leur donne le message dont ils devront être les porteurs pour Son peuple. L’Ecriture ne donne pas les raisons du choix de Dieu qui relève entièrement de Sa grâce et de Sa souveraine volonté.

« Un prophète d’Israël se distingue de tous les autres hommes par la nature sacrée de son appel. En effet, son appel ne lui vient pas des hommes. Il ne peut pas postuler cet emploi. Il doit se faire sélectionner, et c’est Dieu qui le choisit directement et immédiatement. Par ailleurs, l’appel est souverain ; on ne peut donc pas le refuser. (Jérémie a tenté de refuser son appel, mais Dieu lui a brusquement rappelé qu’il l’avait consacré depuis le sein de sa mère. Lorsqu’au terme d’un mandat, Jérémie a voulu démissionner de ses fonctions, Dieu a refusé de l’en démettre)… Dans l’Ancien Testament, le prophète est l’homologue de l’apôtre du Nouveau Testament : R.C Sproul.

Michée est natif de Morécheth, une localité située dans le royaume de Juda. Le prophète Jérémie, qui citera Michée dans son livre, confirme qu’il provient bien de ce lieu : Jérémie 26,18. Cette double confirmation atteste de l’historicité du livre de Michée.

Le ministère de Michée s’étendra sous le règne de 3 rois :

ð  Yotam : 2 Rois 15,32 à 36. Bien que fidèle à Dieu, le règne de Yotam est le moment où le Seigneur commence à entamer la puissance de Juda par la guerre que lui mènent les rois de Syrie et d’Israël. Yotam régna 16 ans à Jérusalem : 2 Chroniques 27,1. 

ð  Ahaz : 2 Rois 16. Son règne fut marqué par la désobéissance à Dieu et la rébellion. Le roi Ahaz installe son peuple dans l’idolâtrie au travers de l’alliance qu’il fait avec le roi d’Assyrie pour lutter contre le roi de Syrie et d’Israël. Il aggrave la situation de Juda et fait grandir la menace de jugement sur lui. Ahaz régna 16 ans à Jérusalem : 2 Chroniques 28,1.

ð  Ezéchias : 2 Rois 18 à 20. Ezéchias est réputé comme l’un des rois les plus intègres et les plus fidèles à Dieu. A cause de sa piété, Dieu préservera Jérusalem de l’invasion du roi d’Assyrie et la délivrera miraculeusement. A la fin de sa vie, il commettra l’erreur d’ouvrir par imprudence les portes de son royaume au roi de Babylone. Ezéchias régna 25 ans à Jérusalem : 2 Chroniques 29,1.

Bien que le livre de Michée ne soit constitué que de 7 chapitres, il recouvre une durée de plus de 40 ans. L’appel de Dieu au service pour le prophète n’est pas un CDD, mais un CDI. Comme le dit Sproul plus haut, le prophète appelé par Dieu n’est pas libre de se démettre de ses fonctions. Il est au service de Dieu jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il en est pour le prophète comme pour l’apôtre. Ce n’est qu’au terme de sa vie que Paul peut regarder en arrière et se réjouir du chemin parcouru : 2 Timothée 4,7-8.

Tel est l’arrière-plan qui situe le contenu des prophéties de Michée !