dimanche 23 août 2026

Le Dieu qui parle aux nations

 Ecoutez, vous tous, peuples ! Sois attentive, terre, et ce qui est en toi ! Que le Seigneur, l'Eternel, soit témoin contre vous, le Seigneur qui vient de son saint temple ! Michée 1 v 2

A° Les destinataires du message de Michée

Bien que prophète en Israël, Michée adresse le message dont il est porteur de la part de l’Eternel à toute la terre et à tous les peuples. Cette destination rappelle que ce que Dieu vit avec Israël a valeur de leçon pour tous. Car, s’Il a choisi Israël pour se révéler au monde, Dieu n’est pas seulement le Dieu d’Israël. Il est le Dieu de tous les peuples, car c’est de Lui que sont issues toutes les familles de la terre : Ephésiens 3,14-15.

Si Israël est le peuple que Dieu a choisi pour se révéler, la révélation de Dieu ne commence pas avec Israël. Elle débute par Adam, l’homme qu’Il a créé et le père de tous les humains. Elle se poursuit par l’histoire d’une première humanité qui a reçu son jugement au travers de Noé. Elle continue avec le jugement de Babel qui a conduit à la dispersion des hommes en clans et en nations. C’est alors seulement que, pour entreprendre son œuvre de rédemption, Dieu se choisit Abraham au travers duquel il va faire naître Israël.

En appelant Israël à Lui, en le libérant de la puissance de l’Egypte au travers de miracles et de prodiges éclatants, en lui donnant sa loi, le but de Dieu reste le même : manifester aux yeux de tous les peuples, qui en ont perdu la connaissance, qu’Il est le seul et unique Dieu : Deutéronome 4,5 à 9.32 à 34.

Si dans l’Ancien Testament, Dieu peut paraître avant tout comme le Dieu d’Israël, avec la venue de Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde : Jean 1,29, nul ne peut ignorer désormais que c’est le salut de l’humanité entière que Dieu vise. Le but de la rédemption est de redonner au Dieu Créateur la prééminence sur tout et sur tous, conformément à la réalité et aux droits qui relèvent de Sa position unique. Au temps de l’époque pré-messianique déjà, Dieu a témoigné par la manifestation de Sa grâce que les païens n’étaient par hors de portée du champ de Son amour. Dieu a sauvé Naaman le syrien de sa lèpre, Il a envoyé Jonas pour appeler les Ninivites à la repentance. Il a choisi Ruth et Rahab pour les intégrer dans la lignée future du Messie. Puis, au temps venu, Il a ordonné aux disciples de faire de toutes les nations des disciples : Matthieu 28,19, parole qu’Il a confirmée ensuite à Pierre par la vision des animaux impurs qu’il devait manger : Actes 10,9 à 16.

Le début du livre de Michée nous donne, à nous croyants d’origine païenne, une clé de lecture pour toute la Bible. La Bible n’est pas le livre des Hébreux, elle est la Parole que Dieu adresse à tous les peuples. Aussi devons-nous lire ce qui y est écrit comme si Dieu s’adressait directement à nous. Dieu nous invite à nous mettre dans la peau des Israélites du temps de Michée pour comprendre que ce qu’Il a à leur dire nous concerne, parce que nous sommes des hommes de la même nature qu’eux, sujets aux mêmes travers qu’eux. Les récits vétérotestamentaires de la Parole de Dieu sont des exemples pour nous : 1 Corinthiens 10,6, écrits pour notre instruction : v 11.

B° Le Dieu qui parle

Dès le début du message, le langage que Dieu donne à Michée d’employer est celui du Dieu Juge. Le livre de Michée est un livre de procès, le procès que Dieu fait à Son peuple choisi : cf v 5. Si Dieu est le Juge et Israël l’accusé, les témoins sont les nations de la terre. Ce rôle de témoin des nations n’est pas nouveau. Il a déjà été établi par Dieu dans la loi qu’Il a donnée à Moïse au cas où Israël en viendrait à se détourner de Lui : Deutéronome 29,23 à 27. Le peuple de Dieu, dans la bénédiction comme sous la malédiction, reste un peuple qui rend témoignage à Dieu aux yeux de tous les peuples.

« Dans l’Israël de l’Ancien Testament, le prophète est un homme solitaire. C’est un individualiste déterminé à qui Dieu confie une tâche pénible. Dieu l’utilise comme un genre de procureur, qu’il a nommé porte-parole du Juge suprême du ciel et de la terre afin de poursuivre en justice ceux qui ont péché contre la Cour divine : R.C Sproul. »

Le livre de Michée spécifie aussi quand vient, pour le peuple de Dieu, le temps de son jugement. Ce temps est celui où Dieu sort de Sa demeure et vient en personne s’occuper de lui et mettre fin à son idolâtrie. C’est le temps de la fin de Sa longanimité, de Sa patience et de Son support. Ce temps nous rappelle que la longanimité et la patience de Dieu envers nous et envers le monde n’a qu’un seul but : amener le plus grand nombre à la repentance : Romains 2,4 ; 2 Pierre 3,9-10.

C° Ecoutez !

L’appel que lance Michée à la terre et aux peuples qui l’habitent nous dit avec quelle attention nous devons recevoir la parole et le message de Dieu. Michée nous appelle à écouter et à être attentif à la voix de Dieu, au contenu de la Parole qu’Il nous adresse. La Parole de Dieu qui nous est adressée ne nous est pas donnée pour meubler notre connaissance ou enrichir notre savoir. Elle nous est donnée pour que nous la recevions comme le message que Dieu nous adresse, la parole qui sort de sa bouche.

Comme il en est du message de Michée, l’énoncé de la loi donnée par Dieu à Israël au travers de Moïse, début par le même mot : Ecoute : Marc 12,29. L’écoute est la disposition initiale fondamentale qui rend l’obéissance possible. Il est impossible de vivre une obéissance pratique à la loi de Dieu sans écoute. L’écoute consiste à prêter une oreille attentive à ce que Dieu dit. L’écoute est la caractéristique des disciples qui veulent apprendre : Esaïe 50,4 ; Luc 10,39. Une écoute qui n’a pas pour objectif d’appliquer ce qui est entendu est une contradiction en elle-même : Ezéchiel 33,31-32 ; Luc 11,28. Partout, du début à la fin de la Bible, le bonheur du peuple de Dieu ou de ceux qui entendent la Parole de Dieu dépend d’une seule chose : l’écoute. Partout, du début à la fin de la Bible, les malheurs du peuple de Dieu ou de ceux qui entendent la Parole de Dieu ont pour cause une seule chose : le refus d’écouter : Job 36,11-12. Ecouter, c’est obéir. Refuser d’écouter, c’est se rebeller. Mets, ô Dieu, dans mon cœur, une disposition de cœur à l’écoute et au plaisir de faire ta volonté !

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