"Ainsi parle l'Eternel sur les prophètes qui égarent mon peuple, qui annoncent la paix si leurs dents ont quelque chose à mordre, et qui publient la guerre contre qui ne leur met rien dans la bouche : Michée 3 v 5."
Après
les chefs et les princes du peuple, c’est à ceux qui se donnent pour prophètes
en son sein que Michée s’en prend. Le fait que Michée s’adresse à eux au
pluriel prouve que le phénomène prophétique n’était pas sans importance. Les
temps de crise et de danger ont toujours favorisé l’émergence de ministères
opportunistes. Il n’y a rien de plus attirant pour le peuple de Dieu que
d’entendre une parole prophétique. La parole prophétique est comme un rocher
auquel il s’agrippe. Le peuple y met toute sa foi, son espérance, car, il le
sait, à travers les prophètes, c’est Dieu Lui-même qui parle.
Une
telle disposition du peuple de Dieu à la réceptivité de la parole prophétique
ne manque pas de poser problème. Elle favorise inévitablement des vocations qui
n’ont rien à voir avec la vérité. Michée nous dit ici quel est le fond de
commerce des faux prophètes. Le message des faux prophètes s’adapte à
l’attitude du public auquel il s’adresse. Si celui-ci les nourrit, pourvoit à
leurs besoins, les rémunère suffisamment, alors le faux prophète va les
rassurer. Il va leur promettre la paix et la bénédiction du Seigneur. Il ne
dira rien sur ce qui pourrait être reproché à leurs auditeurs par le Seigneur.
Si, par contre, le peuple qui l’écoute ne lui donne rien, le faux prophète se
fait menaçant. Il est prêt à lui annoncer les pires calamités. Il n’y a qu’une
chose qui guide les faux prophètes : leur cupidité, la satisfaction
égoïste de leurs intérêts.
Alors
que le retour du Seigneur est proche et que les crises se succèdent, l’Eglise
de Jésus-Christ pullule de « prophètes ». Les rencontres prophétiques
se multiplient à l’instar d’hommes et de femmes qui se disent inspirés et se
comportent comme de vraies stars. Des collectes sont organisées et le peuple de
Dieu ponctionné. Le but premier est de lui faire entendre les plus belles
promesses de Dieu pour lui : restauration, guérison, prospérité… sans
jamais que le péché ne soit dénoncé. Jésus nous a donné un critère précis pour
distinguer le vrai du faux. Il faut regarder le fruit qui se trouve dans la vie
de ces prophètes. Un bon arbre porte de bons fruits et un mauvais arbre de
mauvais : Matthieu 7,17. C’est une loi à laquelle personne ne peut
échapper. Ne soyons pas béats ou naïfs ! Mais éprouvons les esprits et les
vies pour savoir s’ils procèdent de Dieu ou non !
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