"Naguère mon peuple s'est dressé en ennemi, vous enlevez le manteau de dessus les vêtements de ceux qui passent avec sécurité en revenant de la guerre , vous chssez de leurs maisons chéries les femmes de mon peuple. Vous ôtez pour tpoujours à leurs enfants la gloire d'être à moi : Michée 2 v 8 et 9."
Nous
l’avons vu au début du 1er chapitre. Le rôle du prophète est d’être
celui d’un procureur. Le procureur plaide à charge contre l’accusé. Il établit
les faits dont il s’est rendu coupable, afin que le jugement prononcé soit
conforme à la vérité. Dans ce passage, Michée continue à dresser l’acte
d’accusation qui pèse sur Israël. Celui-ci ne sera complet que lorsque tous les
faits dont il s’est rendu coupable seront cités.
En
ce qui concerne la faute d’une nation, les premiers responsables à devoir
comparaître ne se trouvent pas parmi le peuple, mais parmi ceux qui ont le
pouvoir. Ce sont chez eux que l’on trouve les exactions les plus coupables.
Michée en cite ici plusieurs :
V
8 : alors que le peuple était en paix, il ne pouvait malgré tout vivre en
sécurité. Ceux qui le dépouillent ne sont pas des gens d’un autre peuple, des
étrangers ennemis. Ce sont leurs propres dirigeants qui ôtent aux gens du
peuple le manteau dont ils se couvrent pour se protéger du froid. Plus nous
avons de responsabilité, plus nous sommes placés haut sur l’échelle du pouvoir,
plus nous sommes tenus pour responsables de ce qui se fait sous notre autorité.
Que les dirigeants des nations le sachent : ils seront tenus responsables
devant Dieu de la pauvreté et de la précarité dans lesquelles ils auront
plongés leurs peuples à cause de leur cupidité.
V
9 : Comme il en est chaque fois qu’un peuple est dirigé par des tyrans, ce
sont les plus faibles qui sont les victimes des plus grands abus. La veuve et
l’orphelin sont privés de leurs maisons. Le mal qui leur est fait atteint les
enfants au plus profond d’eux-mêmes dans leur dignité. Il leur ôte la fierté de
faire partie du peuple de Dieu. Que nous soyons église ou nation, nous devons
en être conscients. La pierre d’angle qui permet à Dieu de mesurer la gravité
du mal qui se commet est toujours la même : ce sont les dégâts que les
adultes occasionnent par leurs péchés aux enfants. Il n’y a rien de pire que de
blesser un enfant, de détruire ce qui fait ou devrait faire son identité. Jésus
le dit : chaque fois que nous sommes en scandale à l’un des plus petits
parmi le peuple de Dieu, nous encourrons le jugement sévère de Dieu. Il
vaudrait mieux que nous ne vivions pas plutôt que d’être une occasion de chute
pour un petit dont la confiance en Dieu, à cause de notre faute, en vienne à
s’obscurcir : Luc 17,1-2.
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