"Je dis : Ecoutez, chefs de Jacob et princes de la maison d'Israêl ! N'est-ce pas à vous de connaître le droit ? Michée 3 v 1."
Alors
que le premier oracle de Michée s’adressait de manière didactique à tous les
peuples pour qu’ils soient témoins de ce qui allait se produire pour Israël,
c’est ici aux chefs de Jacob et à ses princes qu’est destiné le second oracle
du prophète. Lorsque Dieu s’adresse à un organisme quel qu’il soit, c’est
toujours à ceux qui en sont la tête que va en priorité sa parole. Ceux qui sont
à la tête d’un peuple sont toujours tenus pour les premiers responsables de ce
qui s’y passe. Car c’est d’eux que l’on en attend la bonne gouvernance. C’est
d’eux également que doit venir le modèle à suivre. Les princes des nations en
sont aussi les gardiens. C’est pourquoi la Parole de Dieu nous appelle à les
honorer, à prier pour eux et à leur obéir pour autant que ce qu’il commande ne
s’oppose pas à notre obéissance à Dieu.
La
première parole de Michée pour les chefs et les princes de Jacob se présente
sous la forme d’une question. L’évidence de sa réponse a pour but de les
rappeler à leur devoir essentiel et de mettre le doigt sur ce qui pèche parmi
eux. « N’est-ce pas à vous, demande Michée, de connaître le
droit ? » Si la connaissance et le respect du droit ne se trouve
pas chez les chefs et les princes, il ne se trouvera nulle part ailleurs. Le
respect du droit, l’application de la justice ne peut dans un pays, pour son bien
et sa santé, venir que d’en-haut, des instances les plus élevées. Si celles-ci
sont corrompues, se laissent aller à des pots-de-vin, au favoritisme, à des
passe-droits, si elles-mêmes sont les premières à trafiquer et servir leurs
intérêts, il n’est pas étonnant que rien n’aille dans le pays. Comment le
peuple serait-il incité à faire le bien, se soucier du droit et de la justice
si ses élites sont les premières à les bafouer ?
Ce
qui est vrai pour la gouvernance d’une nation, soulignons-le, l’est aussi pour
celle d’une église locale. Des instructions précises sont données dans la
Parole de Dieu pour reconnaître ceux qui sont « dignes » d’être ses
anciens. Il faut qu’ils soient en toutes choses irréprochables, des exemples de
probité et de maîtrise de soi, qui travaillent avec dévouement et non pour
leurs intérêts ou pour un gain sordide. Il faut qu’ils soient animés d’un
esprit de service et marqués par l’humilité et non le désir de dominer : 1
Timothée 3,1 à 7 ; 1 Pierre 5,1 à 3. Que le Seigneur renouvelle à tout
niveau la conscience de leurs responsabilités à ceux qu’il appelle à diriger un
organisme, quel qu’il soit !
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