"Malheur à ceux qui méditent l'injustice et qui trament le mal sur leur couche ! Au point du jour, ils l'exécutent, quand ils ont le pouvoir en mais : Michée 2 v 1
Après avoir au chapitre 1 convoqué les peuples pour être témoins du jugement qui allait atteindre Israël, l’Eternel établit ici la liste des péchés qui en sont la cause :
V
1
Le
premier malheur prononcé vise tous ceux qui, au lieu de méditer sur le bien
qu’ils peuvent faire, passent les veilles de leur nuit à concevoir des plans
mauvais contre leur prochain. Ce que nous sommes dans la vie n’est pas l’objet
du hasard. Il est le résultat de ce que nous méditons et nourrissons à
l’intérieur de nous-mêmes, dans le secret de nos cœurs. La nuit est,
semble-t-il, propice à cela. Lorsque nous sommes seuls avec nous-mêmes sur nos
couches, nous pouvons, soit concentrer notre attention sur Dieu et la relation
que nous avons avec Lui : Psaume 1,2 ; 63,6 ; 77,6, soit
nous laisser aller au mal dans nos pensées et méditer l’injustice : Psaume
36,4. Beaucoup de choses se réalisent pendant qu’il fait jour ont été
longuement méditées, et pensées la nuit.
Heureusement
pour le monde, il ne se produit pas au grand jour tout le mal qui est médité
par les hommes lors des nuits. Nous ne devons pas cette retenue à la sagesse
des hommes et à leur capacité à se maîtriser, mais à la main de Dieu qui impose
lui-même des limites au mal. L’homme inique n’a la capacité d’accomplir ses
mauvais desseins que lorsqu’il en a le pouvoir, lorsque l’occasion se présente
à lui. Alors se révèle au grand jour ce qu’il a tramé et comploté dans son cœur
pendant des nuits entières. Le jour dévoile ce qui était caché, médité et conçu
pendant la nuit.
En
mettant le doigt sur le moment où se conçoit dans le cœur et l’esprit les
projets qui vont ensuite se traduire dans la vie par des actes, Michée nous
rappelle l’importance de ce qui se passe dans le jardin secret de notre être.
Le jugement de Dieu au temps de Noé est d’abord dû au contenu des pensées de
ses contemporains : Genèse 6,5. Nous comprenons dès lors l’exhortation
de Paul aux chrétiens de Philippe de travailler à nourrir leurs pensées de tout
ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable et mérite l’approbation : Philippiens
4,8. Ce qui paraît, ce qui est réellement fait ne représente qu’une partie
infime de ce qui a été nourri, médité pendant des nuits, dans le secret de
notre vie. Dieu seul connait l’immensité des projets iniques et mauvais qui
sont cogités pendant que les hommes sont sur leurs couches. « Tremblez
et ne péchez point ; parlez en vos cœurs sur votre couche, puis
taisez-vous : Psaume 4,4. »
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