mercredi 30 septembre 2026

La nature du jugement de Dieu

 "C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel : voici que je médite un malheur contre ce clan ; vous n'en préserverez pas votre cou, et vous ne marcherez pas la tête levée, car c'est le temps du malheur. En ce jour-là, on prononcera sur vous une sentence, on entonnera une complainte, on dira : Nous sommes entièrement dévastés ! Il aliène la part de mon peuple ! Eh quoi § Il me la retire ! Il distribue nos champs au rebelle ! C'est pourquoi tu n'auras personne qui étende le cordeau sur un lot, dans l'assemblée de l'Eternel : Michée 2 v 3 à 5

Qu’est-ce que le jugement de Dieu envers les pécheurs ? En quoi consiste-t-il ? Il est, dit la Parole, le moyen par lequel le Seigneur rend à chacun selon ses œuvres : Job 34,11 ; Psaume 62 ;12 ; Proverbes 24,12. Avec celui qui est pur, Dieu se montre pur, et avec le pervers, Dieu agit selon sa perversité : Psaume 18,26. Ce principe de rétribution au pécheur du mal qu’il fait, nous le voyons s’appliquer ici.

Puisque c’est par la méditation du mal que débute la mise en œuvre de sa pratique, Dieu dit qu’Il va lui aussi méditer un malheur contre le clan des hommes cupides. Nous l’avons vu : le mal, avant de s’exécuter, se prépare bien en amont. Il est le fruit de la cogitation des pensées. Il passe par l’élaboration de plans d’action qui vont rendre possible sa réalisation. Comme il en est pour les méchants, ainsi en est-il pour Dieu. Le malheur qui leur survient ne tombe pas sur eux par hasard. Il est le fruit d’une préparation divine qui se fait dans le secret de la pensée de Dieu. De quelle nature est le malheur que Dieu prépare et conçoit à l’égard des méchants ? Ce passage nous le dit !

Le but des méchants était de voler la terre, les maisons de leurs prochains. Par cupidité, ils dépouillent leurs frères de leurs biens les laissant dans la misère et la pauvreté. Dieu va agir de même. Du jour au lendemain, la terre des méchants sera dévastée. Du jour au lendemain, ils seront arrachés de leur territoire et emportés en exil loin de leur pays. Il n’y aura plus personne en Israël, dit Michée, qui étendra le cordeau sur une terre pour en délimiter le périmètre. Car leur terre passera à d’autres, leurs champs seront distribués au rebelle, au conquérant.

Alors que l’Ecriture nous rapporte l’invasion d’Israël par l’Assyrie et la déportation de sa population, Michée nous rappelle ici deux choses qui valent ou vaudront aussi pour nous et nos peuples :

1° Le jugement de Dieu est la rétribution divine et juste de nos péchés. Ce qui arrive dans le jugement a toujours un lien de correspondance avec ce qui s’est fait auparavant. Lorsqu’une nation est jugée, elle ne doit pas être surprise. Car ce qui lui arrive est le résultat, le salaire de ce qu’elle mérite.

2° le jugement de Dieu n’est pas arbitraire. Il est le fruit d’un temps de méditation et de préparation divines. Dans le cas présent, pour qu’il se réalise, il aura fallu que Dieu prépare l’Assyrie à être le bâton de sa colère.  Puis, au temps voulu, Dieu le lâchera contre la maison impie d’Israël : Esaïe 10,5-6.

Tremblons pour l’humiliation qui sera celle de notre pays par Dieu, pays dont la marque reconnue par tous est l’arrogance !

mardi 22 septembre 2026

Le péché de la cupidité

 "Ils convoitent des champs et ils s'en emparent, des maisons, et ils les enlèvent ; ils oppriment le citoyen et sa maison, l'homme et son héritage : Michée 2 v 2."

Quel est donc le contenu des projets iniques que méditent sur leurs couches ceux que le jugement de Dieu vise ? Il a pour moteur principal, dit le Seigneur, un péché : la cupidité. Non satisfaits de ce qu’ils possèdent, les hommes cupides convoitent le bien des autres, leurs champs, leurs maisons. Comme ils ne peuvent s’en emparer légitimement, ils trament, comme l’a fait Achab envers Naboth, des complots visant à déchoir leurs vrais propriétaires de leurs droits pour leur extorquer leurs biens : cf 1 Rois 21. Leur péché ici est double. Il ne constitue pas seulement un acte d’exaction envers leurs prochains, mais il est aussi un sacrilège envers Dieu. Car la terre en Israël n’appartient pas d’abord aux Israélites. Elle appartient à Dieu qui en donne le droit d’exploitation à Son peuple : Lévitique 25,23-24. De plus, la part qui appartient à chaque famille doit lui rester. Elle peut être vendue pour un temps pour pallier à une situation de détresse et de pauvreté, mais elle doit être rendue à ses propriétaires au jour du jubilé : Lévitique 25,10 à 13. Le péché des hommes cupides dépasse le vol. Il est une transgression à la loi de propriété qui, donnée par Dieu, garantit à chacun un revenu minimum et le protège d’une précarité pérenne.

L’appât du gain et des richesses est une tentation dont les enfants de Dieu, dit Paul, doivent absolument en tout temps se garder. « Ceux qui veulent s’enrichir, dit l’apôtre, tombent dans la tentation, le piège et dans une foule de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux, et quelques-uns pour s’y être adonnés, se sont égarés loin de la foi et se sont infligé bien des tourments : 1 Timothée 6,9 à 10. »  Apprenons donc, plutôt qu’à chercher à posséder toujours plus, à cultiver le contentement. « Car nous n’avons rien apporté dans le monde, comme nous ne pouvons rien emporter : 1 Timothée 6,7. »

samedi 12 septembre 2026

Que médites-tu pendant les nuits ?

 "Malheur à ceux qui méditent l'injustice et qui trament le mal sur leur couche ! Au point du jour, ils l'exécutent, quand ils ont le pouvoir en mais : Michée 2 v 1

Après avoir au chapitre 1 convoqué les peuples pour être témoins du jugement qui allait  atteindre Israël, l’Eternel établit ici la liste des péchés qui en sont la cause :

V 1

Le premier malheur prononcé vise tous ceux qui, au lieu de méditer sur le bien qu’ils peuvent faire, passent les veilles de leur nuit à concevoir des plans mauvais contre leur prochain. Ce que nous sommes dans la vie n’est pas l’objet du hasard. Il est le résultat de ce que nous méditons et nourrissons à l’intérieur de nous-mêmes, dans le secret de nos cœurs. La nuit est, semble-t-il, propice à cela. Lorsque nous sommes seuls avec nous-mêmes sur nos couches, nous pouvons, soit concentrer notre attention sur Dieu et la relation que nous avons avec Lui : Psaume 1,2 ; 63,6 ; 77,6, soit nous laisser aller au mal dans nos pensées et méditer l’injustice : Psaume 36,4. Beaucoup de choses se réalisent pendant qu’il fait jour ont été longuement méditées, et pensées la nuit.

Heureusement pour le monde, il ne se produit pas au grand jour tout le mal qui est médité par les hommes lors des nuits. Nous ne devons pas cette retenue à la sagesse des hommes et à leur capacité à se maîtriser, mais à la main de Dieu qui impose lui-même des limites au mal. L’homme inique n’a la capacité d’accomplir ses mauvais desseins que lorsqu’il en a le pouvoir, lorsque l’occasion se présente à lui. Alors se révèle au grand jour ce qu’il a tramé et comploté dans son cœur pendant des nuits entières. Le jour dévoile ce qui était caché, médité et conçu pendant la nuit.

En mettant le doigt sur le moment où se conçoit dans le cœur et l’esprit les projets qui vont ensuite se traduire dans la vie par des actes, Michée nous rappelle l’importance de ce qui se passe dans le jardin secret de notre être. Le jugement de Dieu au temps de Noé est d’abord dû au contenu des pensées de ses contemporains : Genèse 6,5. Nous comprenons dès lors l’exhortation de Paul aux chrétiens de Philippe de travailler à nourrir leurs pensées de tout ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable et mérite l’approbation : Philippiens 4,8. Ce qui paraît, ce qui est réellement fait ne représente qu’une partie infime de ce qui a été nourri, médité pendant des nuits, dans le secret de notre vie. Dieu seul connait l’immensité des projets iniques et mauvais qui sont cogités pendant que les hommes sont sur leurs couches. « Tremblez et ne péchez point ; parlez en vos cœurs sur votre couche, puis taisez-vous : Psaume 4,4. »


jeudi 10 septembre 2026

La nature de la malédiction de Dieu

 "Ne l'annoncez pas dans Gath, ne pleurez pas dans Akko ! je me roule dans la poussière à Beth-Leaphra. Passe, habitante de Chaphir, dans la nudité et la honte ! L'habitante de Tsaanan n'ose sortir, le deuil de Beth-Haëtsel vous prive de son appui. l'habitante de Maroth tremble pour son bonheur, car le malheur est descendu, venant de l'Eternel, jusqu'à laporte de Jérusalem. Attelle chars et chevaux, habitante de Lakich ! Tu as été pour la fille de Sion une première cause de péché, car en toi se sont trouvés les crimes d'Israël. C'est pourquoi tu te sépareras de Morécheth-Gath, les maisons d'Akzib seront une déception pour les rois d'Israël. je t'amènerai un nouveau conquérant, Habitante de Marécha ; la gloire d'Israël s'en ira jusqu'à Adoullam. Rase-toi, coupeta chevelure, à cause de tes fils chéris ! Rends-toi tout à fait chauve comme le vautour, car ils s'en vont en déportation loin de toi ! Michée 1 v 10 à 16

Pour concrétiser ce que sera la malédiction pour Israël, Michée, sous l’inspiration de Dieu, interpelle différentes villes situées dans un périmètre choisi, qui seront directement affectées par la plaie incurable dont il parle au verset précédent. Utilisant le nom de ces villes, il se sert de plusieurs jeux de mots pour changer le caractère positif de leur signification en un effet négatif qui traduit ce que sera leur malheur lorsque le jugement de Dieu passera sur elles. Ainsi, pour comprendre le message de Michée pour chaque ville, il faut relier l’annonce qu’il leur fait au nom de la ville même et à sa signification. On y trouvera qu’à chaque fois, l’annonce a le sens inverse, contraire ou opposé à la signification initiale du nom de la ville concernée.

Le procédé rhétorique de Michée ne tient pas au hasard. Il nous parle de ce qu’est la malédiction de Dieu. La malédiction de Dieu transforme en malheur ce qui était destiné au bonheur et au bien de ceux sur qui elle tombe. La malédiction de Dieu ferme le jardin de l’Eden, le jardin des délices et transforme la terre en un lieu où les ronces et les épines poussent. La malédiction de Dieu fait que la communion heureuse entre l’homme et la femme, voulue par le Créateur, se transforme en rapport de force, en jeu de concurrence, et en souffrance mutuelle. La malédiction de Dieu inverse les choses qui ont été voulues pour la bénédiction. Le récit deutéronomique de Moïse à leur sujet suffit pour le comprendre : Deutéronome 28.

Le procédé rhétorique utilisé par Michée nous rappelle que la vérité a un côté recto et un autre verso. Le côté recto exprime la réalisation intégrale de la parole et des promesses de Dieu pour qui les reçoit et s’y soumet. Le côté verso nous parle de la réalisation intégrale des menaces attachées aux paroles de Dieu pour celui qui y résiste et les rejette. Ainsi, dit Paul, Dieu réserve la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent la gloire, l’honneur et l’incorruptibilité. Mais Il réserve la colère et la fureur à ceux qui, par esprit de dispute, désobéissent à la vérité et obéissent à l’injustice. Tribulation et angoisse pour toute âme humaine qui pratique le mal, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec ! Gloire, honneur et paix pour quiconque pratique le bien, pour le Juif premièrement, puis pour le Grec : Romains 2,7 à 10. Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle et les autres pour la honte, pour l’abjection éternelle : Daniel 12,2. Tels sont les deux côtés de la vérité et chacun de nous goûtera soit l’un, soit l’autre.

"Le pire est toujours la perversion et la destruction du meilleur : Sinclair Ferguson"

mardi 8 septembre 2026

Croit-on vraiment tout ce que Dieu dit ?

 "Car sa plaie est incurable, elle s'étend jusqu'à Juda. Le Seigneur atteint la porte de mon peuple jusqu'à Jérusalem : Michée 1 v 9"

Si le verset précédent témoigne de la tristesse qui étreint Michée à la vue du jugement qui va atteindre Samarie, celui-ci nous en donne la raison. La plaie qui va atteindre le royaume du Nord, dit le prophète, est incurable. Il est arrivé dans le passé que l’intégrité territoriale de la nation ait été entamée par diverses invasions d’ennemis. Mais Israël a pu, par la miséricorde de Dieu, s’en relever ou survivre. La nation n’a pas disparu. Ce ne sera pas le cas ici. Michée voit se profiler à l’horizon la malédiction annoncée par Moïse dans la loi, malédiction qui prévoit l’exil et la déportation du peuple hors de ses frontières : Deutéronome 28,63-64.

Eclairé par l’Esprit de Dieu, le regard de l’œil visionnaire de Michée ne se limite pas à Samarie. Le fléau qui va emporter la capitale du Nord va s’étendre, dit Michée, jusqu’à la porte de Jérusalem, la capitale du royaume de Juda dans lequel il vit. Ce qui arrive à Samarie est un avertissement solennel pour Jérusalem. Car si Dieu tient Sa Parole, Ses menaces proférées dans la loi, contre Samarie, Il les tiendra aussi pour Jérusalem si le peuple qui y subsiste suit les mêmes voies. A cause du temple qui s’y trouve, les Juifs de Juda pensent qu’ils sont préservés d’un tel fléau : Jérémie 7,4. Mais la présence du temple n’est pas un rempart suffisant pour barrer la route au jugement de Dieu lorsque celui-ci a été décidé : cf Matthieu 24,1 et 2.

La remarque des habitants de Juda au temps de Jérémie, porteur du même message que Michée, est instructive. Objet de la grâce de Dieu par l’alliance, le peuple d’Israël se pensait à l’abri des menaces écrites noir sur blanc dans ses clauses. L’alliance était pour Israël un gage de sécurité, de pérennité et de protection, mais non de destruction. Bien que Dieu donne le même poids à toutes les paroles qu’Il prononce, Israël minimisait celles qui avaient trait aux menaces et accentuaient celles qui se présentaient sous la forme de promesses. Ce déséquilibre a été cause, en partie, de leur légèreté. « Oui, Dieu avait bien dit qu’israël pouvait être déporté et périr s’il persévérait sans la rébellion et l’idolâtrie. Mais Il ne le ferait pas vraiment. Il cherchait juste à faire peur à Son peuple pour le préserver du pire ! pensait la majorité des Israélites. » Ne sommes-nous pas parfois comme eux, courant le risque de changer la grâce en dissolution : Jude 1,4, nous permettant de faire n’importe quoi au nom du pardon de Dieu ? Prenons garde, dit Paul ! Car si eux n’ont pas échappé à la sévérité de Dieu, nous n’y échapperons pas non plus si nous reproduisons les mêmes erreurs : Romains 11,19 à 22. Apprenons de ce qui se passe à notre porte, sur notre palier, comme Jérusalem aurait dû aussi l’apprendre, avant que cela n’entre dans notre maison !

samedi 5 septembre 2026

Le coeur des vrais prophètes

 "C'est pourquoi je pleurerai, je me lamenterai, je marcherai déchaussé et nu, je pousserai des cris comme le chacal, et des émissements comme les autruches : Miché 1 v 8."

Si le prophète est le messager de Dieu, il est aussi un homme avec un cœur. Fidèle à Dieu pour délivrer le message dont il est porteur, il ne doit rien en ôter de sa gravité, de sa solennité ou de sa dureté. La dureté des paroles que prononce le messager ne s’accompagne pas pour autant d’une dureté de cœur. Comme Jésus qui pleura sur Jérusalem en annonçant sa destruction future : Matthieu 23,37, Michée est saisi d’une tristesse qui va jusqu’au deuil en annonçant la destruction de Samarie, la capitale du royaume du Nord. Se faisant, Michée n’est pas seulement le porte-parole de Dieu. Il est aussi, par la souffrance dont il est étreint, une expression du cœur affligé de Dieu face au jugement dont il est contraint à cause du péché de Son peuple. « Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Eternel.  Convertissez-vous donc et vivez : Ezéchiel 18,32. »

Nous devons apprendre de Michée, de Jésus et de bien d’autres, comme Jérémie auteur du livre des Lamentations. Si nous voyons quelqu’un annoncer des oracles terribles de la part de Dieu, sans être remué jusqu’au tréfonds de son être pour la souffrance que ceux-ci vont occasionner, nous devons sérieusement nous interroger sur la motivation qui anime un tel homme. Esaïe, avant d’être introduit dans son ministère par la vision qu’il a reçue, a prophétisé de nombreux malheurs sur ses concitoyens. Sans doute était-il inspiré puisque ses paroles ont été retenues dans l’Ecriture. Mais la vision qu’il a reçue de Dieu et de sa sainteté a changé la donne. Esaïe s’est écrié alors : Malheur à moi ! : Esaïe 6,5. Esaïe, face à Dieu, s’est mis au rang de ceux qu’ils condamnaient auparavant. Nul doute que, par la suite, cette rencontre avec Dieu a changé son être et les sentiments qu’il éprouvait, alors qu’il exerçait avec fidélité le ministère que Dieu lui avait donné.

Quels sentiments doivent nous habiter en tant que serviteurs de Dieu, messagers de Sa Parole auprès des hommes ? Le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont contrastés. D’un côté, saisis par la sainteté de Dieu, nous éprouvons et sentons les raisons de Sa juste colère à l’égard du péché. De l’autre, identiques dans notre chair à ceux à qui nous annonçons son courroux, nous éprouvons le deuil que le jugement de Dieu sera pour eux et leurs proches. Nous ne les plaignons pas, car ils méritent ce qu’ils vont recevoir. Mais nous déplorons au plus haut point en notre être qu’il en soit ainsi. Que le Seigneur me donne un cœur sensible à la mission qu’Il peut me donner comme au sort de ceux à qui elle est destinée !

jeudi 3 septembre 2026

Dieu documente toujours le jugement qu'Il prononce sur un peuple

 "Toutes ses statues seront brisées, tous ses salaires impurs seront brûlés au feu, et je ravagerai toutes ses idoles. Recueillies avec le salaire de la prostitution, elles redeviendront un salaire de prostitution : Michée 1 v 7

Le jugement de Dieu n’est jamais arbitraire. Il s’appuie sur des raisons et des causes qui rendent légitimes l’action de Dieu. Le verset 7 nous les fournit. Si Dieu détruit Samarie, ce n’est pas parce qu’elle est devenue la capitale du royaume du Nord, mais à cause de ce qui s’y trouve et qui représente une offense à Dieu. Dieu va détruire Samarie, dit Michée, pour ses idoles et ses statues qui sont toutes une provocation envers Lui. Avant que le temple ne soit détruit, plusieurs dizaines d’années après Michée, Dieu a donné à Ezéchiel la vue de ce qui y habitait. Ezéchiel a vu, à l’intérieur du temple du côté nord, une idole vénérée par les prêtres du temple, appelée l’idole de la jalousie, parce qu’elle excitait la jalousie de Dieu : Ezéchiel 8,3 et 5. Le nom donné à cette idole exprime ce que sont, pour le coeur de Dieu, toutes les idoles que se créent les hommes et qu’ils adorent. Ce nom se rapporte directement au second commandement de la loi qui interdit d’adorer d’autres dieux que l’Eternel, à cause du caractère exclusif et jaloux de l’amour de Dieu pour Son peuple : Exode 20,5.

Les idoles du temps du peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance sont différentes de celles du temps de Michée et d’Ezéchiel. Il existe toujours malgré tout des idoles qui provoquent la jalousie de Dieu dans le culte de certaines églises qui se disent chrétiennes. Mais le danger pour le vrai chrétien se trouve davantage à l’intérieur de son cœur, lorsqu’il se met à vouer une passion intense pour quelque chose d’autre que Dieu : le plaisir, la réussite, l’argent, la gloire humaine, la beauté du corps… C’est pourquoi ce n’est pas en vain, après avoir exhorté ses frères à vivre à la hauteur de leur identité de fils de Dieu, que l’apôtre Jean termine sa lettre par ce solennel avertissement : « Petits enfants, gardez-vous des idoles : 1 Jean 5,21. » L’idolâtrie est le premier péché de l’humanité et il restera, jusqu’à la fin, une tentation et le dérivatif immédiat du cœur qui n’adore plus Dieu.

Un autre aspect du caractère impie de l’idolâtrie nous est donné ici par le choix des termes utilisés par Michée, et bien d’autres prophètes, pour le décrire. Michée compare les idoles que se sont dressées les Israélites au salaire que reçoit une prostituée après avoir vendu ses charmes. Michée nous rappelle ici que le cœur de l’homme ne peut pas vivre sans amour et sans passion. Le cœur qui n’est plus passionné par Dieu finit toujours par se vendre, se donner à quelque chose ou quelqu’un qui va le remplacer. Cet ersatz de Dieu ne le laisse pas sans gain ou sans profit. Ce profit lui sert à acquérir ce dont il a envie et qui devient pour lui une idole. Si quelqu’un aime l’argent, il se procurera ce dont rêve son cœur en secret : une magnifique maison, une superbe voiture, des voyages, des biens… Il agira et pensera comme l’homme riche de la parabole de Jésus qui, après avoir rentré de belles récoltes, veut se reposer pour jouir de ce qu’il a acquis : Luc 12,13 à 21. Jacques, qui a l’habitude d’utiliser un langage direct, le dit : qui aime le monde commet un adultère spirituel. Il trompe Dieu et le salaire qu’il retire de son affection pour le monde est aussi un salaire de prostitution : Jacques 4,4.

Quel sera le jugement de Dieu au sujet de ce salaire ? Michée le dit : Recueillies avec le salaire de la prostitution, elles redeviendront un salaire de prostitution. Le bénéfice qu’Israël a retiré pour s’être vendu à de faux dieux lui sera ôté lorsqu’ils seront, à leur tour, vendus à d’autres qui les pilleront. On finit toujours, dit Paul, par moissonner ce que l’on a semé : Galates 6,7-8. Oui ! Que Dieu garde nos cœurs de toute idolâtrie !